Le château vieux (2)

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Centre Ancien

Ruelle du château vieux
La ruelle du château vieux (vers le sud)

A la suite de la disparition de Bernard de Nissan, son seigneur légitime, Simon de Montfort confisquera le château et en fera don à Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux qui deviendra le nouvel archevêque de Narbonne. Cette donation sera confirmée dans le courant du XIIIe siècle. A partir de cette date, Nissan est donc dans la mouvance temporelle des archevêques de Narbonne.

En 1364, un inventaire des possessions de l’archevêque de Narbonne, le livre vert de Pierre de la Jugie, nous apprend que l’archevêque a, dans la région, les droits de haute et basse justice sur Salles, Montels, Poilhes, Nissan et Capestang. Il dispose également des droits de cuisande (cuisson des pains dans le four banal). Il possède huit condamines et les hommes qui disposent d’animaux de trait lui doivent chacun une journée de labour. Il partage les dimes des diverses paroisses de la commune (Foulpian, Saint André, Saint Jean de Cayssan, Saint Christol) avec le prieur et l’abbaye de Psalmodi. Pour ses possessions, les habitants lui doivent des cens en nature.

Ruelle Château Nord
Une autre vue de la ruelle du château vieux (vers le nord)

Les terrains qui se trouvent à gauche lorsque vous gravissez cette rue du château vieux ont été urbanisés assez tardivement. Vers les années 1650, alors que des maisons existent sur la droite, la partie gauche est encore un patu pratiquement libre de constructions. A partir des années 1689, la Maison de Ville sera établie dans la partie de cet espace la plus proche de la place du Marché. Une glacière sera construite sur la gauche, à l’emplacement du café du Commerce dont la façade se situe sur la place du Marché, sur un terrain qui, par suite de la confiscation de la seigneurie de Nissan par Simon de Montfort et son don à l’archevêque de Narbonne en 1212, appartient alors à ce même archevêque. Ce château restera la propriété de l’archevêque jusqu’à sa ruine.

Il a  pu recevoir, en 1565, Catherine de Médicis et son fils Charles IX lors de leur voyage en France, pour un diner dans leur étape entre Béziers et Narbonne comme cela est décrit par Philippe Gambette sur le site consacré à ce voyage.

En 1574, un inventaire des biens de l’archevêque de Narbonne liste des possessions notables dont le château, le four banal, une maison près du château et plusieurs champs. En 1790, le château ne figure pas dans l’inventaire révolutionnaire des biens de l’archevêque.

Entrée intérieure château
L’entrée intérieure du Château Vieux

Il se peut qu’il ait été ruiné durant les guerres de religion, dans les années 1583, lors des affrontements entre Montmorency, gouverneur du Languedoc, proche des protestants et Joyeuse, lieutenant général du Languedoc, proche de la Ligue catholique qu’il rejoint en 1583. Au cours du XVIIIe siècle, les compoix nous apprennent effectivement qu’il est ruiné.

Dès lors, on peut penser que l’archevêque se désintéresse d’une ruine devenue encombrante, ne se réservant que l’usage de la glacière. Des constructions peuvent alors s’installer dans l’espace libéré.

Notre cheminement dans cette ruelle débouche sur la place du Marché. Nous nous trouvons alors en face de l’entrée intérieure du château seigneurial. Comme nous allons le voir en rejoignant la place du Marché, sur une partie des terrains du château, s’est édifié en 1689 l’hôtel de la Commune. Il a remplacé une maison commune antérieure, semble-t-il située hors les murs du village.

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