L’église

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Centre Ancien

L'Eglise Saint Saturnin
L’Eglise Saint Saturnin

Montons les marches qui conduisent au parvis de l’église. Ce lieu recouvre, depuis 1846, une partie de l’ancien cimetière. Ce cimetière avait pris au cours du temps des proportions considérables. Il s’étendait jusqu’au square et à la rue qui le borde vers l’est et constituait une sorte de butte de plus de trois mètres devant le portail de l’église. Son arasement et son déplacement vers son emplacement actuel en 1846 ont permis l’aménagement du parvis. On notera que des tombes très anciennes ont été relevées au nord de l’édifice. 

De l’extérieur on peut déjà observer les chapelles latérales du coté sud construites entre les contreforts de l’église, au XVIIe et remaniées au XVIIIe siècle. Le porche en arc brisé devait donner dans le cimetière. Le portail en bois est du XVIIe. Alors que la nef semble avoir subi des dommages durant les guerres de religion (la voute d’origine a en particulier disparu), le chevet à pans coupés est resté intact.

Le portail d'entrée de l'Eglise
Le portail d’entrée de l’Eglise

Si nous pénétrons à l’intérieur, nous pouvons observer un ensemble de chapelles édifiées puis restaurées depuis le XVIe siècle. En partant de la chapelle Notre Dame des douleurs, en face de l’entrée latérale (le portail principal), nous trouvons, dans le sens des aiguilles d’une montre, les chapelles  Saint Sébastien, Saint Pierre, Saint Saturnin (à gauche du Chœur), puis à droite du Chœur, les chapelles de la Vierge, du Rosaire et du Sacré Coeur. 

Plusieurs familles importantes du village avaient leur lieu de sépulture à l’intérieur de l’église, ce qui permet de proposer un terminus ante quem concernant la construction de ces chapelles, 1653 pour la chapelle de la Confrérie du St Sacrement, 1654 pour la chapelle St Sébastien  où se trouvait le tombeau de la famille My, 1674 pour la chapelle du Rosaire (tombeau de la famille Dedon), 1684 pour la chapelle de l’Assomption (sépulture de Louise de Foures). Cette dernière est très probablement la chapelle actuelle de la Vierge. En effet, le tombeau de la famille de La Bergère se trouvait entre les chapelles de l’Assomption et du Rosaire, ce qui nous permet d’identifier la chapelle de l’Assomption comme étant bien la chapelle actuelle de la Vierge, située devant la sacristie.

Nous ignorons la position de la chapelle de la confrérie du Saint Sacrement mais nous pouvons suggérer comme hypothèse qu’elle occupait l’emplacement de la chapelle actuelle du Sacré Cœur. En effet si les confréries du Saint Sacrement se développent en nombre au début du XVIIe siècle en Languedoc, ce qui semble justifier la construction d’une chapelle, au XVIIIe et au XIXe siècles, elles sont remplacées par les confréries du Sacré Cœur, ce qui suggère une nouvelle attribution au Sacré Cœur de la chapelle du Saint Sacrement. La chapelle Notre Dame des douleurs a été édifiée en 1853. La sacristie actuelle date de 1846.

Vierge de Nissan
La statue de la Vierge de Nissan

La réfection du pavage du chœur en 1958 a permis la découverte d’un caveau volumineux, creusé profondément dans le tuf, vouté de pierres et contenant deux dépouilles non datées. Son emplacement est marqué d’une croix dans la pavage du chœur.

On peut admirer une vierge polychrome en pierre du premier quart du XIVe siècle, initialement disposée dans la chapelle rurale Notre Dame de Miséricorde.

Vierge à l'Enfant avec un livre
Vierge à l’Enfant avec un livre (S. Botticelli Musée Poldi-Pezzoli, Milan)

On notera que cette Vierge du XIVe siècle est représentée avec les couleurs traditionnelles de la Vierge, robe rouge, symbole de la royauté temporelle et manteau bleu nuit, symbole de la royauté divine mais aussi de l’amour-charité, qui furent, en dehors des Vierges dorées du XVIIe siècle, celles de Marie jusqu’à l’adoption, au XIXe siècle, du blanc et du bleu clair, couleurs de l’Immaculée Conception. On comparera avec la peinture ci-contre due à Sandro Botticelli (1445-1510).

Un autel à cuvette préroman a été retrouvé sous l’autel moderne, dans la chapelle de la Vierge. Un autre autel, probablement du Xe siècle, en marbre, pourvu d’une table à lobes, provient de l’église disparue de Saint Geniès de Peilhan à Corneilhan. On remarquera également le Maître Autel, chef d’œuvre du XVIIIe siècle, orné de divers marbres languedociens.

Des fresques du XVIIe siècle sont visibles dans la chapelle Saint Pierre située sous le clocher mais les plus remarquables sont celles de la chapelle de la Vierge, en vis-à-vis. Elles peuvent être datées du XIVe siècle et représentent le couronnement de la Vierge avec des anges musiciens et les symboles des évangélistes.

Les murs de la nef montrent les opes destinés à recevoir les poutres d’un plancher disparu qui s’était substitué à la voute d’origine. Malgré les vicissitudes du temps et les nombreuses interventions, l’ensemble architectural reste particulièrement homogène.

La tribune, édifiée au XIXe siècle, porte un buffet d’orgue dû au facteur d’orgues Moitessier provenant de la chapelle de la Visitation à Montpellier. Le buffet et certains jeux peuvent être datés de 1830. D’autres jeux semblent plus anciens et contemporains de la chapelle ou se trouvait primitivement l’instrument.

Le baptistère, situé au fond de l’église, s’ouvre par une grille en fer forgé du XVIIe siècle provenant du château de Cabanes, près de Courniou. La cuve baptismale en marbre de Caunes datée du XVIIe siècle se dresse au centre d’une piscine octogonale.

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